
Dernier lever à Bruxelles, franchement matinal d’ailleurs : 5 h 00 du mat, ce n’est pas tous les jours que j’ai la chance d’admirer un aussi beau lever de soleil qu’en cette aurore de canicule du haut de ma terrasse woluwéenne ! Mon taxi m’attend déjà en bas de mon appart, il est 6 heures tapantes. Bien trop prévoyante qu’à l’accoutumée, je tuerai une heure et demi d’attente sur le banc de l’aéroport de Charleroi, dans les brumes de mon état semi-comateux. Vol sans le moindre souci si ce ne sont quelques fortes turbulences une demi-heure avant l’atterrissage à Madrid-Barajas.
Quatorze ans plus tôt mon arrivée en terre ibérique fut quant à elle bien plus épique… Trois jours de fous venaient de précéder le lancement de ce fameux Erasmus sur orbite. Et pour cause, je m’en rappelle encore comme si c’était hier. Un vendredi de septembre à Rome qui m’avait vu terminer une journée mémorable dans la voiture des carabinieri lancée à toute vitesse dans les rue de la Ville Eternelle (jamais j’ai cru que j’en sortirai vivante d’ailleurs ;-)) et devoir annuler l’avion de l’avant-soirée qui devait me ramener à Bruxelles pour assister le lendemain au mariage de ma cousine à Courtrai. Pour des raisons trop longues à détailler ici, ma mère et moi avons cru pouvoir prendre un dernier vol pour Bruxelles et avions par conséquent tenté de nous frayer un passage jusqu’à l’aéroport, à bord de notre camionnette lancée vaille que vaille dans l’enfer du trafic romain ! Hélas, la soirée s’acheva sur la conclusion suivante : il nous faudrait dormir à même le sol de notre fourgon sur l’un des parkings souterrains de Fiumicino pour être certaines de ne pas rater l’avion !!! On dirait presque un scénario de Woody Allen 😉 Belle nuit réparatrice que nous avions passé d’ailleurs…Ensuite, premier vol du samedi matin, ma cousine nous attendait vers 11h00 car je faisais partie de sa suite. Un bagage perdu en soute plus tard, ma mère n’avait plus de quoi s’apprêter pour la cérémonie…, bref, le cauchemar et de mon côté, j’avais sauté dans un bain, pour sauter ensuite en petite tenue dans une voiture prêtée par une amie et que ma mère avait été récupérer entre-temps. En toute discrétion (hum), je me suis habillée, coiffée, maquillée dans cette golf décapotable dont la capote laissait filtrer le vent et je me rappelle encore la tête des gens qui nous croisaient sur la route 😉 Encore heureuse, j’avais pas laissé filer les vêtements par les fenêtres !
Après un trajet Bruxelles-Courtrai digne d’une belle course de Fanggio – ma mère s’y connaît en la matière-, nous sommes arrivées bien trop tard dans l’église, essoufflées, au moment où l’assemblée avait retrouvé silence…Entrée franchement remarquée avec toute plus d’une centaine de personnes vous dévisageant froidement, et mon cavalier du jour, l’air ébahi, n’en croyait pas ses yeux quant ma tante a fait passer mon large chapeau noir et blanc de mains en mains, avant d’atterrir sur ma tête, sous le rire amusé des invités alentours… çà ne s’invente pas ! Fiesta jusque 4h00 du mat et lorsque j’ai émergé le dimanche midi des vapeurs alcoolisées de la veille, je n’avais certes plus été capable de lire l’heure du vol de mon Bruxelles-Madrid de l’après-midi. Il me restait 5 heures pour boucler les préparatifs de mon Erasmus…ambitieux projet que d’embarquer les 1001 objets de mon quotidien jusqu’à Noël car je venais de passer 8 jours à Rome, surtout en ce qui me concerne (petit clin d’œil à ceux qui savent que j’embarque même ma planche à repasser en vacances)!!! Mais à quoi bon, certaines périodes de ma vie ont souvent ressemblé à ce TGV que j’ai vainement tenté d’attraper en route…C’est juste un peu de fun en plus ! Et pour le ratage final : Mon ami Vincent me conduit à l’aéroport et quand j’arrive au desk, je m’effondre quasi sur place quand j’entends me répondre que l’heure de décollage supposée était en fait l’heure d’atterrissage à Madrid !!! Et vas-y que je fais sauter la Visa, déjà bien mise à mal à l’époque !!! Aïe, aïe, aïe…Finalement je décollerai le lendemain matin, les poches un peu plus légères, la valise un brin plus lourde 😉 Madrid-Cáceres me voici bientôt sur vos terres pour conquérir le trimestre académique à venir, olé !
