
Plaza del Potro, Plaza San Miguel et rencontre des Rois Mages
Après la visite de la Mezquita, je souhaite également partir à la reconnaissance d’autres quartiers de la ville et je décide de franchir le pont romain ainsi que l’arc de triomphe pour pouvoir la contempler de l’autre côté du fleuve. Le temps de me poser un peu sur un banc de la rive gauche afin d’écrire quelques lignes de ce blog. Une heure plus tard, je poursuis ma route, à la recherche de la fameuse Plaza del Potro où se trouve précisément une auberge du XVI ème siècle ainsi que sa fontaine, décrites dans ‘El Quijote’ de Cervantès. La promenade se poursuit jusqu’à la place rectangulaire de la Correder , datant elle du XVIIème et dont l’architecture rappelle vaguement ma Plaza Mayor de Salamanque et qui fut le théâtre de nombreuses corridas. Mais voilà qu’une petite faim me surprend et je pars à la recherche de la Plaza San Miguel, place fréquentée par les vrais córdobeses et recommandée par une vendeuse du Centre ville pour déguster quelques tapas. Sans vraiment le réaliser, la nuit commence à tomber et j’éprouve désormais quelques difficultés pour déchiffrer le plan de la ville. A tout hasard, je croise la route d’un homme marchant d’un pas pressé et venant dans ma direction. Je l’apostrophe et lui demande s’il peut m’indiquer la direction de la fameuse place. Il me répond qu’il a justement rendez-vous avec un ami dans l’un de ces bars de la Plaza San Miguel. En chemin, nous commençons à parler et se présente : Fernando, encantado, Florencia, encantada !
Et quelques minutes plus tard, lorsque nous arrivons, il m’indique un premier bar typique avec terrasse et comme je m’y attendais, propose de me joindre à eux dans le bar suivant tapissé d’affiches et de bibelots ayant trait à la Corrida! Je ne me suis pas trompée, je passerai la soirée avec de vrais ‘Cordobeses’. Je fais alors la connaissance de son ami : Fernando, n°2 qui paraît étonné de voir son ami flanqué d’une présence féminine… En une demi-heure à peine, nous en sommes à ‘tu’et à ‘toi’ et la soirée semble prendre une tournure tout à fait imprévisible ! Deux tintos de verano et quelques délicieuses lamelles d’ aubergines frites au miel plus tard, un troisième ami nous rejoint et devinez- quoi ? Lui aussi s’appelle Fernando 😉 Le temps de faire quelques photos, entre éclats de rire et tentatives de décryptage d’un castillan très déformée par l’accent andalou, je réalise qu’il est déjà tard. Zut, ce soir je faillirai à mon travail d’écriture mais pour une fois, Dieu me pardonne cet écart de conduite …Et qu’il est bon de relâcher la bride de temps en temps… Car mes trois Rois mages,-comme je les baptiserai un peu plus tard- ont plus d’un tour dans leur sac et me proposent déjà de les suivre dans un bar-boite fréquenté par la jeunesse dorée ce vendredi soir ! Un brin sur la défensive, je refuse d’entrée mais ils finiront par me convaincre en me parlant de la magnifique vue nocturne que je pourrai contempler de la ville depuis la terrasse. Moi qui pensais passer la soirée en tête à tête avec mon portable, me voilà embarquée pour une soirée andalouse avec trois gardes du corps !
Aussi bizarre que cela puisse paraître, je me suis toujours fiée à mon intuition et je ne me suis que très rarement trompée…J’ai tout de suite senti que ces trois bonhommes, fin de la trentaine, belle carrière dans le secteur bancaire, n’étaient point animés par de mauvaises intentions… Que du contraire, ils furent très galants, généreux, très curieux de moi et je ressentais qu’ils avaient un cœur en or ! Ils s’empressent alors de me conduire à mon hôtel pour déposer mes affaires, cinq minutes pour me rafraîchir et je remonte dans la voiture de Fernando n°3. Nous entrons alors dans un bar enchanteur perché au 5ème étage d’un immeuble à quelques centaines de mètres en contrebas de la Mezquita. Eclairée par des milliers de petits lampions, des lanternes marocaines, l’endroit semble plutôt branché avec sa grande piste de dance que longue un bar interminable et de l’autre côté un coin plus cosy que viennent remplir une dizaine de sofas pour les couples en quête de moments plus intimes .
Nous opterons finalement pour la terrasse avec la vue imprenable sur le Guadalquivir et le pont romain. Mais il est temps de passer aux choses sérieuses, ainsi me proposent-ils rapidement l’incontournable ‘Mojito’, vraiment délicieux. Un barman rigolo, nœud pap au vissé au cou, avec un faux-air de Stromae nous fait la démonstration de ses talents .’Salud chicos… ‘Por arríba, por abaoj, por el centro y por dentro ! Le moment est divin, la brise chaude et l’alcool me monte déjà à la tête…Entre séance photos, ils me questionnent sur mes voyages en solo et m’avouent que c’est là bien leur première fois qu’ils rencontrent une touriste du Nord voyageant en solo dans leur ville. Je leur parle alors de l’Asie et je les vois de plus en plus étonnés quand je les renvoie à mon blog et aux photos de la Birmanie. L’un d’entre eux m’avouera que jamais de la vie il ne partirait seul si loin…mais il n‘était évidemment pas le seul à m’avoir déjà fait part de ce type de confession. Trois mojitos plus tard, je suis hilare et je les baptise ‘Los Reyes Magos’. Royaux ils furent ce soir et dès le lendemain, ils guideront mes pas pour ne jamais perdre le chemin de ma Bonne Etoile, celle qui semble me suivre depuis le début de ce voyage ! Ainsi, Fernando n°1 m’invite le lendemain soir à un spectacle de flamenco. Quelle surprise…moi qui rêvais de percer le cœur de cette culture andalouse, je suis servie ! Merci San Miguel car tu m’as vraiment porté chance ce soir…Toi qui m’a tant fait suer sur les bancs de ton collège jésuite !!! Tu es tout pardonné car la soirée fut inoubliable. Ainsi, sur la route du retour, titubant quelque peu, nous accueillons avec joie la fraîche brise balayant le fleuve. 3h00 sonneront quand je tomberai enfin dans les bras de Morphée!
Un peu sonnée ce matin, il est tout de même 10h30, je décide alors de visiter la synagogue ( parmi les 4 derniers temples de toute la péninsule ibérique avec celles de Tolède et de Burgos). Je poursuivrai mon chemin jusqu’à l’Alcazar de los Reyes cristianos hébergeant le Musée diocésain des Beaux-Arts mais surtout entouré de ses magnifiques jardins où se succèdent à l’envi bassins, fontaines, palmiers, cyprès, pare-terres fleuris, lauriers roses et tant d’autres essences méridionales dont les effluves me restent encore dans les narines…




